Pourquoi pas trois articles d'humour supplémentaires
 

(1) Avoir vraiment fait offrande au Bouddha ? Avoir vraiment fait offrande au Guru ?

Un jour, un adepte qui assistait rarement à la pratique en groupe du Centre arriva et demanda à voir Rinpoche.

L’adepte avec le visage rempli de joie dit à Rinpoche : « Rinpoche, j’ai rencontré récemment une femme dont l’apparence correspond complètement à mes exigences. Je suis tombé amoureux d'elle à première vue. Elle doit être l'autre moitié de ma vie ! Est-ce que Rinpoche pourrait me donner la bénédiction de conquérir son coeur rapidement afin que nous puissions nous marier le plus tôt possible ? »

Rinpoche dit : « Bien. Puisque tu as rencontré une petite amie avec laquelle tu t’entends bien, je vais certainement te donner ma bénédiction. As-tu une photo d’elle maintenant ? Je peux te donner la bénédiction immédiatement (si tu en as une). »

L’adepte répondit : « Je ne l’ai rencontrée qu’une fois sur son lieu de travail et j’ai connu son nom simplement au travers de son badge professionnel. Bien que je n’aie pas encore eu l’occasion de lui proposer un rendez-vous pour sortir avec elle, une relation peut être entretenue progressivement. Bien que je ne connaisse pas encore son milieu familial, je pourrai certainement voir tous les membres de sa famille et ses amis pendant le banquet au jour de notre mariage. Bien que…, … Bien que…, … »

Rinpoche renvoya à l'adepte une question : « Oh ! Tu ne l'as rencontrée qu'une seule fois, comment peux-tu arriver jusqu'à parler de mariage (avec elle) ? »

Le disciple avait l'air de réaliser quelque chose. Il dit : « Eh bien, je vois ! Rinpoche, vous n’avez pas besoin de faire des allusions. »
En enlevant tout de suite la montre en or qu'il portait au poignet, l'adepte se dirigea précipitamment vers l'autel sur lequel il posa la montre, puis il dit : « Je comprends les règles du Bouddhisme ésotérique. J'offre la montre en or en tant qu’offrande pour exprimer ma sincérité. »
(Remarque : En mettant la montre en or devant les statues de Bouddhas et de Bodhisattvas, est-il possible que les Bouddhas et les Bodhisattvas aient besoin de porter une montre ?! Il n'est pas conforme aux règles du Vajrayana de poser la montre en or qui n'a pas été purifiée sur l’autel bouddhiste. De plus, Rinpoche ne porte en fait pas de montre. Ainsi, même si vous lui en offrez une, elle vous sera également rendue.)

Rinpoche conseilla et expliqua à cet adepte à plusieurs reprises dans l'espoir qu'il comprendrait que son souhait était fondamentalement déraisonnable. Cependant, l’adepte était toujours si obstiné qu’il insistait pour demander la bénédiction de Rinpoche afin d’accomplir son mariage. Finalement, il dit : « J'ai un rendez-vous avec un ami aujourd’hui mais je ne sais pas quelle heure il est maintenant. » Après cela, il se dirigea vers l'autel et prit la montre en or qu'il avait posée sur l'autel en guise d’offrande juste avant, pour regarder l'heure. Il dit avec surprise : « Oups ! C’est l’heure ; je vais être en retard ! Rinpoche, je dois partir. Ca y est ; ma demande a été bien formulée. Une promesse est une promesse ! » A ce moment-là, en tenant encore dans sa main la montre qu’il venait de récupérer de l’autel, il quitta alors précipitamment le sanctuaire (Centre).

Après un certain temps, cet adepte revint de nouveau. "(Il était le genre de personne qui) n’allait jamais au temple sans raison". Il apparut au Centre pour se plaindre auprès de Rinpoche que son entreprise était en déclin. Il pria par tous les moyens possibles pour inviter Rinpoche à se rendre dans son magasin pour une consultation en Feng Shui afin que son commerce fût prospère et que ses profits affluassent de tous côtés sous la bénédiction de Rinpoche. Rinpoche ne pratiquait pas la consultation Feng Shui pour les gens. Cependant, afin de satisfaire les souhaits des êtres et en ayant pitié de cet adepte (qui avait un problème financier), Rinpoche qui était extrêmement occupé par des affaires Bouddhistes, réussit à trouver le temps un soir pour se rendre dans son magasin. Après avoir béni l’adepte, Rinpoche allait partir quand le disciple dit : « Rinpoche, ne partez pas s'il vous plaît. Je connais les règles du Bouddhisme ésotérique ; je dois vous faire des offrandes pour montrer ma sincérité. »
A peine sa voix éteinte, il prit aisément la mangue qui se trouvait dans le plateau de fruits consacré devant le Dieu de la Terre et l’offrit aussitôt à Rinpoche en guise d'offrande de la consultation Feng Shui.

Rinpoche l'accepta respectueusement. Lorsque Rinpoche quitta lentement le magasin, l’adepte dit en plus : « Marchez doucement, rentrez bien. Je ne vous accompagne pas. »
Rinpoche se tourna tranquillement et lui dit : « Remercie le Dieu de la Terre pour moi ! »
Une vision perplexe apparut dans les yeux de l’adepte (Peut-être pensait-il : « Pourquoi n’est-ce pas à moi qu’il faut remercier ? »)
Voyant le plateau de fruits vide du Dieu de la Terre à l'instant où il se retournait, Rinpoche ne put supporter de voir que le seul fruit qui appartenait au Dieu de la Terre était parti. Le vénérable Rinpoche se dirigea alors précipitamment vers le Dieu de la Terre et se baissa humblement pour replacer la mangue sur le plateau de fruits devant le Dieu de la Terre avant son départ.

Rinpoche ne se soucie jamais au fait d’être traité sans respect et d’être manié comme une souris. Rinpoche fera de son mieux pour tout ce qui peut aider les êtres dans l’espoir que la personne puisse créer un lien avec le Bouddhisme ou tout simplement nouer un lien avec Rinpoche. Cependant, que le lien créé soit un bon karma ou un mauvais après tout, ce lien ne peut être jugé que par les personnes concernées !
 

(2) Demander d’apprendre la "méthode du chant de mantra à roue tournante millénaire"

Un jour, un disciple laïc vint devant Rinpoche pour demander d’apprendre  la "méthode du chant de mantra à roue tournante millénaire".

Rinpoche réfléchit un instant avant de demander à ce disciple laïc : « La méthode que tu as demandée est très simple et facile. Au fait, es-tu déjà allé aux États-Unis ? »

Le disciple laïc répondit : « Oui. J’ai été dans des centres de certaines écoles religieuses et dans certains temples bouddhistes. J’ai aussi voyagé là-bas. »

Rinpoche demanda de nouveau : « Dans ce cas, es-tu déjà allé au Texas aux Etats-Unis ? »

Le disciple laïc dit : « Eh bien, pas encore. Mais, dans les films, j’ai vu que c’était dans la partie ouest de l’Amérique où la plupart des résidents locaux s’habillent en "cow-boys". »

Rinpoche dit au disciple laïc : « Si tu veux vraiment apprendre cette  méthode pour réciter des mantras, tu dois retourner en Amérique. Vas au Texas et apprends comment faire tourner une corde avec force dans les airs, comme des "cow-boys" locaux là-bas. »

Le disciple laïc avait l'air perplexe et demanda : « Pourquoi ? »

Rinpoche continua de dire : « Hé ! Il est très facile d’apprendre la "méthode de roue tournante millénaire" et la transmission n’est pas nécessaire. Tout ce que tu as à faire est lorsque tu récites des mantras, que ce soit des mantras du Yidam ou des mantras de la Déité de la richesse, tu fais pivoter simultanément avec force les rosaires bouddhistes que tu tiens dans les mains, comme celles des "cow-boys". C’est la méthode de roue tournante millénaire ! Cela peut marcher avec n'importe quel mantra répété. »

Pensant qu'il avait eu un grand gain, le disciple laïc était plein de joie et se dit : « Comme Rinpoche m'a déjà révélé le secret de la réussite du dharma ésotérique, je devrais aller au Texas pour apprendre à faire pivoter une corde auprès d’un "cow-boy " le plus tôt possible afin que je puisse utiliser plus tôt la "méthode de roue tournante millénaire" pour atteindre la réalisation. »

Rinpoche voulait utiliser cette histoire réelle pour nous avertir que les pratiquants du Bouddhisme ésotérique devraient avoir les pieds sur terre. Si au début de l'apprentissage du Bouddhisme, l’origine conditionnée est de penser à un raccourci pour atteindre la réalisation, le pratiquant sera-t-il considéré comme un véritable pratiquant ? Tant que l'on veut apprendre le Bouddhisme ésotérique, il faut avoir les pieds sur terre en prenant racine sur les fondations et en maîtrisant parfaitement les compétences de base, comme dit le vieil adage : « Cause droite effet droit, cause ronde effet rond. » Quand on peut se consacrer à la pratique de l'art de la "cause fondamentale" (l'état de la pratique du Bouddhisme qui aboutit à la Bouddhéité), son accomplissement sera naturellement atteint tout comme un canal se forme lorsque l'eau coule (lorsque les conditions sont mûres, la réussite viendra). Il ne faut pas dire que l'on peut parcourir un raccourci en utilisant la roue tournante millénaire pour gagner du temps et de l’effort. C'est une tentative vaine d'utiliser la vitesse la plus rapide ainsi que le moyen le plus simple (de faire quelque chose sans effort) pour atteindre la réalisation. Dans un tel état d'esprit, l’origine conditionnée pour apprendre le Bouddhisme n’est pas bonne, et la mentalité d'apprendre le Bouddhisme n'est pas non plus considérée comme un cœur de la Bodhi (Bodhicitta), c'est plutôt un esprit d'illusion.

 

(3) Le Yidam sera-t-il blessé en tombant ?

Un disciple laïc qui venait rarement au Centre avait récemment appris la Sadhana du Yidam. En voyant Rinpoche, il demanda immédiatement : « Après avoir fini de pratiquer la Sadhana du Yidam, y a-t-il des moyens de base que je peux suivre après cela ? »

Rinpoche répondit au disciple : « Après avoir pratiqué la Sadhana de Yidam, on reste dans l’état des trois mystères en un (c’est-à-dire la combinaison du corps, de la parole et de l’esprit en un) et l’on est toujours le Yidam, même en marchant, en étant debout, assis et couché. Cependant, si l’on ne peut pas maintenir pendant longtemps une forte contemplation de soi-même en tant que Yidam, on peut plutôt visualiser fréquemment le Yidam restant sur sa tête. »

Le disciple réfléchit un moment. Puis, il avait l’air très inquiet et devint extrêmement sérieux lorsqu'il demanda : « Oh ! Rinpoche, si je visualise le Yidam restant sur ma tête, lorsque je me penche en avant pour me prosterner devant des Bouddhas et Bodhisattvas et que j’appuie ma tête (contre leurs pieds) sur le sol, (j'ai bien peur que) le Yidam sur ma tête va naturellement tomber par terre ! Le Yidam sera blessé en tombant ! Dans ce cas, que faut-il faire ? »

Rinpoche sourit et dit en plaisantant : « C'est facile ! Lorsque tu constates que le Yidam sur ta tête va tomber, étends tes mains immédiatement vers l’avant pour tenir le Yidam dans tes bras. De cette façon, le Yidam te sera reconnaissant car tu es capable d’empêcher le Yidam de tomber et de se blesser ! Après cela, remets fermement le Yidam sur ta tête et tu pourras continuer à te prosterner devant le Bouddha. »
Le disciple avait l’air d’être soulagé d’une lourde charge et murmura : « Alors, c’est bien ! »

Cette fois, Rinpoche dit solennellement : « As-tu vu trop de films d'animation ? Certains anges ayant des ailes ont volé si vite que leur auréole (un anneau de lumière autour de la tête) est incapable de suivre. Les anges doivent voler en arrière pour récupérer l’auréole avec leurs mains et la remettre sur leur tête. Ils réduisent alors leur vitesse de vol. OMB (Oh Mon Bouddha), ce ne sont que des bandes dessinées ! Tu ne dois pas appliquer les actions et les théories des bandes dessinées à ton "imagination" et les attacher à la pratique du Bouddhisme ésotérique !  »

Remarque : les trois incidents ci-dessus sont tous des cas réels !