Extrait du :【Sutra Ekottarika Agama 增一阿含經】
Un jour, Ananda se présenta devant le Bouddha et dit en soupirant : « Le Bouddha, Vous qui incarnez le corps d’un souverain céleste, avez la peau tellement flasque et vieillissante qu'elle n’est plus comme avant. »
Le Bouddha dit : « Comme tu peux le constater, la chair et la peau de mon corps sont devenues flasques et vieillissantes, et elles ne sont plus comme avant. Pourquoi en est-il ainsi ? C'est parce que tout corps de chair et de sang est inévitablement affligé par la maladie, tourmenté par la souffrance et troublé par la mort. J'ai plus de quatre-vingts ans cette année et je suis affaibli depuis longtemps. C'est un phénomène naturel et il n'y a rien d'étonnant à cela. »
En entendant le Bouddha parler ainsi, Ananda fut rempli de chagrin et dit tristement : « On est vraiment impuissant face à la vieillesse. »
Un jour, le Bouddha et Ananda prirent chacun leur bol et entrèrent ensemble dans la ville pour demander l’aumône. En arrivant devant le palais du roi Prasenajit, ils aperçurent des dizaines de chars royaux, désormais délabrés et inutilisables, tous abandonnés au bord de la route. En voyant cela, Ananda fit remarquer : « Ces chars royaux étaient autrefois si splendides et exquis, mais aujourd’hui, ils sont abandonnés au bord de la route comme des décombres. »
Le Bouddha dit : « Comme tu peux le constater, ces chars étaient autrefois si splendides et magnifiques, entièrement faits d'or et d'argent. Mais aujourd'hui, ils sont tous tombés en ruine et devenus inutilisables. Regarde, même ces biens matériels extérieurs du corps se détériorent, sans parler du corps physique ! »
Le Bouddha et Ananda entrèrent ensemble dans le palais. Voyant que c'était le Bouddha qui venait demander l'aumône, le roi Prasenajit prépara aussitôt divers mets délicieux en offrande. Après que le Bouddha eut pris son repas, le roi Prasenajit Lui demanda : « Bouddha, on dit que tous les Bouddhas qui étaient apparus dans le monde humain par le passé possédaient des corps de diamant indestructibles. Pourtant, je vois que Vous, Tathagata, avez des signes de vieillissement. Se pourrait-il que même les Bouddhas passent par la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort ? » Le Bouddha répondit : « Comme votre majesté peut le constater, même un Bouddha connaît la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort. Moi aussi, je suis un humain. Né dans un palais royal de l'Inde, si je n'avais pas renoncé au monde, je serais certainement devenu un monarque universel (Chakravartin), régnant sur les terres du monde. »
Le Bouddha quitta le palais du roi Prasenajit et retourna au monastère. S'adressant aux bhiksus (moines bouddhistes), il déclara : « Il y a quatre choses que tous les êtres humains désirent : la jeunesse et la vigueur, la santé et l'absence de maladie, une longue vie et être avec ceux qu’on aime. Il y a également quatre choses que tous les êtres humains détestent : le passage de la jeunesse et de la vigueur à la vieillesse, l'apparition d'une maladie alors qu'on était auparavant en bonne santé, une mort prématurée qui abrège la durée de vie, et la séparation d'avec ceux qu'on aime. Bhiksus, qu'il s'agisse de divinités, d'humains, voire de Chakravartin, ou de tous les Bouddhas qui apparaissent dans le monde humain, personne ne peut échapper à ces faits. »
Le Bouddha poursuivit : « Si l'on ne parvient pas à prendre conscience de ces quatre choses soucieuses, on restera prisonnier du cycle de naissance et de mort, errant et empêtré sans fin dans les cinq royaumes : les cieux, le monde humain, le royaume animal, les enfers et le royaume des fantômes affamés. Vous et Moi pratiquons tous les Quatre Nobles Vérités afin d’éliminer complètement les désirs qui mènent à la naissance et à la mort, mettant ainsi fin aux renaissances futures. Maintenant, mon corps a vieilli ; c’est un phénomène naturel. Puisqu’il y a la naissance, on doit supporter naturellement cette conséquence du vieillissement. C'est pourquoi, bhiksus, vous devez rechercher la tranquillité éternelle du Nirvana, et échapper à l’enchevêtrement de la naissance, de la vieillesse, de la maladie, de la mort, ainsi que de la joie et de la tristesse liées à l'union et à la séparation. » |